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En application des décisions issues de la Conférence Nationale des Forces Vives de la Nation de Février 1990, le Bénin a choisi d'emprunter la voie de l'économie libérale fondée sur les principes du marché. La mise en oeuvre de cette option a été notamment marquée par des réformes profondes de son économie à travers un désengagement graduel de l'Etat des activités de production.
Aujourd'hui, l'Etat béninois se consacre, pour l'essentiel à ses fonctions régaliennes et de régulation de l'économie, en mettant l'accent sur la création d'un environnement macro-économique, juridique et institutionnel suffisamment sain et attractif pour les investissements privés. De même, il s'investit dans l'amélioration des infrastructures économiques, toutes choses nécessaires au développement du secteur privé.
Avec la mise en oeuvre de vigoureux programmes de restructuration économique et financière, appuyés par les Institutions de Bretton Woods et les partenaires au développement dont particulièrement la France, le Bénin est en train de créer les conditions d'une croissance forte et durable de son économie.
Ainsi de 1996 à 1998, le taux de croissance réelle du PIB est en moyenne ressorti à 5,2 % et, selon les prévisions, devrait atteindre 5,7 % en 2000. Sur la même période, le taux d'inflation s'est stabilisé autour de 4,7 % et devrait ressortir à 3 % en 1999 et en 2000.
S'agissant des paiements extérieurs, le déficit courant extérieur s'est établi en moyenne à 4,8 % du PIB sur la période allant de 1996 à 1998 et baisserait de 4,4 % du PIB en 1999 et en 2000.
Enfin, ses finances publiques ont été également assainies avec un déficit budgétaire moyen correspondant à 4,5 % du PIB qui devrait fléchir à 3,3 % et 3,2 % du PIB en 2000.
Pour améliorer ces performances, le programme de redressement économique et financier se poursuit avec notamment d'importantes réformes structurelles et sectorielles.
Celles-ci visent, entre autres, la libéralisation de secteurs productifs tels que le secteur agricole, les transports et infrastructures, les mines et l'énergie, les postes et télécommunications, le tourisme, secteurs jugés vitaux dans l'économie béninoise et offrant de véritables opportunités d'investissements rentables.
Les coûts des facteurs de production sont peu élevés par rapport à beaucoup de pays et la main d'oeuvre locale est assez qualifiée et évolue dans un cadre réglementaire relativement flexible.
L'environnement institutionnel s'est aussi considérablement amélioré au cours de ces dernières années et le processus de démocratie se poursuit afin de garantir l'Etat de droit, l'expression des libertés et la sécurité des investissements.
Par ailleurs, conscient de l'impact négatif de la corruption sur les investissements privés et la croissance, le Bénin a engagé une lutte contre ce phénomène en créant par décret une cellule de moralisation de la vie publique. Des structures civiles de lutte contre la corruption existent également et sont très actives.
Sur le plan des incitations directes, des allégements fiscaux et douaniers sont prévus au régime du Code des Investissements dont peuvent bénéficier les promoteurs. Le Code a prévu trois régimes dits privilégiés et un régime spécial, le tout lié au volume des investissements projetés.
De même, pour renforcer le cadre juridique de l'investissement et offrir plus de sécurité aux capitaux, le Bénin a ratifié successivement en 1993 et en 1994, la convention portant sur la création de l'Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (MIGA) et le traité portant sur l'Harmonisation des Droits des Affaires en Afrique (OHADA).
Indicateurs socio-économiques
| PNB | 370 $ (1999) | | PIB/hab | 397 $ |
| Structure du PIB | | Agriculure | 39 % | | Mines et industries | 14 % | | Services | 47 % |
| Taux d'alphabétisation des adultes | 35,5 % | | Indicateur du développement humain | 0,368 % | | Médecin | 1 /10 000 hab. | | Automobile | 50/10 000 hab. | | Téléphone | 40/10 000 hab. | | Télévision | 50/10 000 hab. |
Données sectorielles de l'économie
1. Le secteur primaire
a) L'agriculture
Le Bénin est un pays à vocation essentiellement agricole. L'agriculture, considérée comme base de l'économie, occupe 80 % de la population active qui s'adonnent à la culture du manioc, du haricot, de l'igname, du sorgho, du maïs, du mil et du riz.
Le coton, le palmier à huile, et dans une moindre mesure, l'arachide, le café et le tabac constituent les cultures d'exportation traditionnelles du Bénin.
La production du coton, seule culture dont la filière est organisée au Bénin, représente à elle seule 80 % des recettes des exportations et plus de 24 % des recettes de l'Etat.
Il existe d'autres filières que l'Etat s'efforce de réhabiliter ou de promouvoir dans le cadre de sa politique de diversification agricole. Il s'agit, notamment de :
La filière du palmier à huile
Le palmier à huile a été pendant longtemps la principale culture d'exportation du Bénin. Depuis une dizaine d'années, la baisse considérable de production de l'huile de palme a amené l'Etat à mettre en chantier une politique de réhabilitation des plantations qui porte, de manière expérimentale, sur 20.000 ha de palmiers sélectionnés.
La filière du riz
La production du riz couvre une superficie d'environ 320.000 ha, dont 200.000 ha de bas-fonds répartis sur toute l'étendue du territoire national, avec une forte concentration dans le centre et le nord du pays. Elle constitue plus de 1 % des besoins de la population.
Les besoins pour l'an 2000 sont estimés à 84.500 tonnes de riz à grains.
La filière du manioc
C'est une culture vivrière qui, en dehors des tubercules ou des racines fraîches, permet d'obtenir une gamme de produits dérivés tels que :
- gari,
- tapioca,
- amidon ou fécule,
- cossetttes,
- déchets et alimentation de bétail.
L'Etat recherche des financements pour organiser cette filière en vue de l'exportation et dans le cadre de projets précis.
La filière maïs
Le maïs est l'un des produits agricoles qui constituent au Bénin la base de l'alimentation.
L'Etat se propose à court terme de mieux structurer sa commercialisation afin de contribuer à l'auto-suffisance alimentaire et répondre aux besoins de la maïserie à travers l'usine de Bohicon et l'industrie de la brasserie, grande consommatrice de maïs.
La filière ananas
Cette culture est en passe de devenir une culture d'exportation.
En 1995, la superficie consacrée à la culture d'ananas est évaluée à 750 ha. En 1996, la production a atteint 2 500 tonnes.
La filière banane
La production de bananes est d'environ 13 000 tonnes par an depuis quelques années.
La filière noix de cajou
La noix de cajou est en passe de devenir une importante source de richesse, derrière le coton. Elle est cultivée dans le Nord et le Centre du Bénin, sur une superficie globale de plus de 5.000 ha.
En 1997, les exportations se sont élevées à 20.000 tonnes contre 15.000 en 1995.
b) L'élevage
La production animale demeure modeste. Elle est peu structurée. Elle est constituée d'ovins, de caprins, de bovins, de volailles et de porcins.
| Bovins | 950 000 | | Ovins | 970 000 | | Caprins | 1 080 000 | | Porcins | 730 000 | | Poulets | 25 000 000 |
Le secteur secondaire
L'industrie au Bénin est encore à l'état embryonnaire. Elle représente 14 % du PIB.
Elle est essentiellement constituée des secteurs de l'alimentation, de l'huilerie et du textile.
Le sous-sol béninois regorge de ressources naturelles et minières telles que :
Les ressources minières exploitées :
- calcaire d'Onigbolo (cimenterie d'onigbolo),
- réserve de Possotomé et de Hêtin Sota,
- pétrole de Sèmé (réserves estimées à 5,5 milliards de barils).
Les ressources naturelles encore inexploitées :
- fer de Loumbou Loumbou,
- or de Perma,
- phosphates du Mékrou,
- pierres ornementales.
Le secteur tertiaire
Les principales composantes de ce secteur sont :
Les transports
Les transports constituent l'une des principales activités du secteur tertiaire depuis la construction du Port Autonome de Cotonou en 1965.
La situation géographique exceptionnelle du Bénin fait de Cotonou un port à vocation régionale qui permet de desservir les pays de l'hinterland (le Niger, le Mali et le Burkina Faso) qui disposent sur les quais du Port Autonome de Cotonou des hangars d'entrepôts de marchandises.
A égale distance des ports de Lagos et de Lomé et plus proche de l'Est du Mali et du Burkina, le Port Autonome de Cotonou offre une plate-forme de transit portuaire et ferroviaire de dimension internationale pour ces pays enclavés.
Le réseau routier est de 7.500 km. Les grandes routes relient Cotonou au Nigeria, au Niger et au Burkina Faso.
Le Bénin dispose également d'un réseau ferroviaire. A l'origine 767 km de voies partagées en trois lignes :
- Cotonou / Bohicon / Savè / Parakou 438 km
- Cotonou / Segboroué via Ouidah 52 km
- Cotonou / Pobè via Porto-Novo 107 km
Compte tenu des travaux de réhabilitation en cours, seule la ligne Cotonou-Parakou est actuellement fonctionnelle.
Les télécommunications
Resté longtemps monopole de l'État, ce secteur est en voie de libéralisation. II est actuellement géré par l'Office des Postes et Télécommunications qui entreprend depuis quelques années de le moderniser afin de le rendre plus viable.
Le parc téléphonique est de 50.925 dont 7.269 sans fil au 31 Décembre 1999 avec une télédensité de 0,7 %.
Le commerce
Le commerce en 1998 est marqué par un fort échange de produits vivriers à l'intérieur du Bénin, par l'importation des produits manufacturés pour un total de 3,77 millions de FF, par une exportation de matières premières (huile de palme, ciment, noix de cajou, agrume) et par une réexportation des produits manufacturés vers les pays limitrophes notamment le Nigeria.
Les données statistiques ci-après permettent d'apprécier le niveau des relations commerciales du Bénin vers l'extérieur.
| Total des exportations | 236,6 milliards de FCFA | | Total des importations | 302,7 milliards de FCFA | | Principaux clients Pays de la CEE | 34 % | | Principaux fournisseurs Pays de la CEE | 43 % (dont la France 23 %) |
Le secteur informel tient une part importante dans l'économie du Bénin.
L'un des principaux baromètres de la vie économique du Bénin est le Marché de DANTOKPA. II est essentiellement animé par les femmes ; environ 25 000) dont certaines connues pour leur dynamisme interviennent dans le secteur des affaires, le commerce de réexportation, en l'occurrence, un des piliers de l'économie.
90 % du commerce assuré à DANTOKPA concernent la distribution de bétail.
Le Marché DANTOKPA est considéré comme le plus grand marché de la sous-région ouest africaine : 20 000 places assises et de 25 à 30 000 ambulants. 50 000 revendeurs y exercent leurs activités commerciales et drainent des sommes considérables.
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